Expression écrite TCF Canada et tout public : 6 sujets corrigés

Une main tient un stylo bleu au-dessus de feuilles posées sur un bureau en bois clair, comme pendant l’épreuve d’expression écrite du TCF
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L’expression écrite du TCF, c’est une heure et trois tâches, de la lettre amicale à l’article argumenté. Ce dossier en réunit six sujets, deux par tâche, avec la production complète attendue pour chacun. Pour trois d’entre eux, vous ne verrez pas seulement le modèle : vous verrez une copie telle que nous la recevons en cours, ce que l’évaluateur relève dessus, puis la même copie réécrite. Les trois cours en direct qui ont servi à construire ce dossier sont intégrés, tâche par tâche, et l’ensemble se télécharge en PDF.

L’essentiel.

  • L’épreuve dure 60 minutes et comporte trois tâches de difficulté croissante. Elle est identique au TCF Canada et au TCF tout public.
  • Tâche 1 : un message pour décrire, raconter ou expliquer, 60 à 120 mots, environ 10 à 12 minutes. Aller aux sujets.
  • Tâche 2 : un article, un courrier ou une note qui raconte et commente, 120 à 150 mots, 18 à 20 minutes grand maximum. Aller aux sujets.
  • Tâche 3 : deux points de vue à confronter puis votre opinion, 120 à 180 mots, 30 minutes. Aller aux sujets.
  • Quatre questions ouvrent chaque tâche : j’écris quoi, à qui, pourquoi, comment. Deux minutes de préparation, et le reste va beaucoup plus vite.
  • Le PDF réunit les six sujets et les corrigés. Il est gratuit et ne demande aucune inscription. Aller au téléchargement.

Comment se passe l’expression écrite du TCF ?

Ce dossier décrit l’épreuve du TCF tout public et du TCF Canada, qui est la même épreuve. C’est une question que l’on nous pose à chaque cours en direct, alors autant y répondre tout de suite : pour l’expression écrite et pour l’expression orale, les deux versions du test proposent exactement les mêmes tâches. Ce qui change entre elles se trouve ailleurs, du côté du nombre de questions de compréhension. Les autres versions du TCF ne sont pas traitées ici.

Vous écrivez pendant 60 minutes. L’épreuve se compose de trois tâches que vous traitez dans l’ordre, et dont la difficulté monte d’une tâche à l’autre :

Les trois tâches de l’épreuve d’expression écrite du TCF.
Tâche Ce que vous écrivez Mots
1 Un message à un ou plusieurs destinataires, pour décrire, raconter ou expliquer 60 à 120
2 Un article, un courrier ou une note : un compte-rendu d’expérience ou un récit, accompagné de commentaires, d’opinions ou d’arguments 120 à 150
3 Un texte qui rapproche deux points de vue exprimés dans deux documents, puis votre opinion sur le thème commun 120 à 180

Les trois tâches ne demandent pas le même niveau, et c’est ce qui fait monter la difficulté. La tâche 1 demande un niveau minimum A1+ ou A2, mais elle se traite à tous les niveaux. La tâche 2 demande un niveau minimum B1, B1+ ou B2. La tâche 3 demande un niveau minimum B2+ ou C1.

Le temps conseillé suit la même montée. Comptez 10 à 12 minutes pour la tâche 1. Pour la tâche 2, comptez 18 à 20 minutes, grand maximum. Comptez enfin 30 minutes pour la tâche 3. Additionnez ces trois durées : vous obtenez 58 à 62 minutes pour une heure d’épreuve. C’est la première chose à comprendre sur cette épreuve : le temps n’est pas confortable, et la tâche qui demande le plus de réflexion arrive quand il en reste le moins. Une candidate qui passe vingt minutes sur la tâche 1 prend ce temps à la tâche 3, qui en aura besoin. C’est une question de méthode, pas de niveau de langue.

Sur le papier ou sur ordinateur, le décompte des mots ne se fait pas de la même façon. Sur ordinateur, qui est le cas le plus courant, les mots sont comptés automatiquement et vous ne pouvez pas dépasser le maximum. Sur papier, vous comptez vous-même, articles compris. Dans les deux cas le nombre de mots fait partie de la consigne : en dessous du minimum ou au-dessus du maximum, vous êtes pénalisé.

Sur quoi votre copie est-elle évaluée ?

Votre copie est corrigée par un évaluateur. L’évaluation porte sur trois familles de compétences, et il est utile de les connaître parce qu’elles expliquent des points que l’on perd sans comprendre pourquoi :

  • Les compétences pragmatiques : est-ce que vous réalisez la tâche demandée, du début à la fin, avec un texte cohérent et bien enchaîné ? C’est aller d’un point A à un point B en ligne droite.
  • Les compétences linguistiques : le vocabulaire, la grammaire, l’orthographe, la capacité à construire des phrases élaborées.
  • Les compétences sociolinguistiques : est-ce que votre texte est adapté à la situation ? Un « salut » à un supérieur hiérarchique, ou un « veuillez agréer » à un ami, coûtent des points ici.

Le détail du barème n’est pas publié. On sait comment chaque tâche est évaluée, on ne sait pas combien de points valent la grammaire ou les formules de politesse, et vous verrez circuler des répartitions inventées. Ce dossier n’en propose aucune : il vous montre où les points se gagnent, tâche par tâche, ce qui est plus utile qu’un chiffre que personne ne peut vérifier.

Quelle méthode suivre pendant les 60 minutes ?

La méthode que nous enseignons tient en quatre questions, et elle ne change pas d’un examen à l’autre. Au TCF, au TEF, au DELF ou au DALF, quel que soit le niveau, vous lisez la consigne et vous y répondez :

  1. J’écris quoi ? Quel type de texte, précisément : un courriel, un article de blog, une note, une lettre.
  2. À qui ? Qui va lire, et quel est son statut par rapport à vous. C’est cette réponse qui fixe le registre.
  3. Pourquoi ? Quel est l’objectif principal du texte. Refuser, remercier, raconter, convaincre.
  4. Comment ? Quelles seront les parties du texte, dans l’ordre.

Ces réponses sont dans la consigne, elles ne s’inventent pas. Les repérer prend une à deux minutes quand on en a l’habitude, et ces deux minutes vous rendent beaucoup plus rapide au moment d’écrire, parce que vous n’avez plus à décider quoi dire, seulement comment le dire.

Deux conseils qui reviennent dans les cours sur les tâches 1 et 2, et qui font plus de différence que n’importe quelle liste de connecteurs.

Communiquez simplement avant de chercher à faire compliqué. La tâche 1 est une tâche de niveau A1+ ou A2 : on ne peut pas y démontrer un niveau C2, et essayer le fait perdre des points. Une phrase complexe qui devient lourde et difficile à lire coûte plus qu’elle rapporte, parce qu’elle fait baisser la fluidité. Écrivez direct, puis améliorez si la place le permet.

Ne faites pas ce qu’on ne vous demande pas. Tout ce qui sort de la consigne n’est pas compté, et vous prend des mots dont vous manquerez ailleurs. Quand la consigne propose des pistes, « des arguments économiques, écologiques ou humains » par exemple, c’est un menu, pas une liste de courses : en 150 mots, deux idées développées valent mieux que trois idées survolées.

Le jour de l’examen, ni Internet ni notes. On ne vous demande aucune statistique précise, et aucune des productions de ce dossier n’en contient une. Argumentez comme Vincent le fait dans les trois vidéos : avec un exemple concret, une expérience, une connaissance générale (« on sait que… », « de nombreuses entreprises… »), et une question qui met votre lecteur d’accord avec vous. Un chiffre que l’évaluateur sait que vous n’avez pas pu vérifier ne rapporte rien.

Tâche 1 : deux sujets corrigés, le message de 60 à 120 mots

L’objectif de la tâche 1 est la rédaction d’un message pour décrire, raconter ou expliquer, adressé à un ou plusieurs destinataires dont la consigne précise le statut. La description est presque toujours là ; le reste dépend du sujet. Les actes de parole à maîtriser sont peu nombreux et se travaillent vite : saluer et prendre congé, décrire avec des adjectifs et des adverbes, raconter au passé avec des connecteurs temporels, expliquer avec des connecteurs de cause et de conséquence, proposer ou inviter au conditionnel.

Le cours en direct complet sur cette tâche, avec les questions des candidats :

Tâche 1, sujet 1 : votre première semaine dans un nouvel emploi (expliqué en vidéo)

Tâche 1, TCF tout public et TCF Canada. Consigne rédigée par French School TV pour le cours en direct intégré ci-dessus. Thème : le travail. 60 mots minimum, 120 mots maximum.

Consigne

Vous venez de terminer votre première semaine dans votre nouvel emploi. Vous écrivez un courriel à votre ancien collègue de bureau et ami pour lui raconter comment cela se passe. Vous lui décrivez votre nouveau lieu de travail et vous lui expliquez ce que vous préférez dans vos nouvelles missions.

Avant de lire le corrigé, répondez aux quatre questions. J’écris un courriel. À mon ancien collègue, qui est aussi un ami, donc le contexte est amical. Pour lui raconter ma première semaine. En décrivant d’abord le lieu, puis en expliquant ce que je préfère dans mes missions, ce qui donne deux paragraphes et l’ordre dans lequel les écrire. La consigne contient deux actes de parole principaux, décrire et expliquer, et votre plan est déjà fait.

Voir le corrigé de la tâche 1, sujet 1

La production complète, 93 mots.

Salut Lucas,

Je viens de terminer ma première semaine de travail et je voulais te raconter un peu comment cela s’est passé.

Tout d’abord, les bureaux sont magnifiques, très modernes et lumineux, sans compter l’ambiance qui est vraiment chaleureuse. Mes collègues m’ont super bien accueilli.

En ce qui concerne mes nouvelles missions, ce que je préfère, c’est la gestion des projets internationaux. C’est passionnant et j’apprends énormément au quotidien, en plus de rencontrer des personnes hyper intéressantes.

Ça te dirait qu’on se boive un café bientôt pour tout se raconter ?

À plus,

Thomas

Où sont les points.

La formule et l’introduction. « Salut Lucas » est adapté à la situation, et le prénom compte : la consigne désigne une personne précise. L’introduction dit pourquoi on écrit, ce qui est le rôle de l’introduction dans les trois tâches. Surtout, une seule phrase y place trois temps du passé : « je viens de terminer » au passé récent, « je voulais » à l’imparfait, « cela s’est passé » au passé composé. Trois verbes dans une phrase qui reste facile à lire, et la maîtrise des temps est démontrée avant le premier paragraphe.

Le paragraphe de description. Il s’ouvre sur un connecteur, « tout d’abord ». Les adjectifs font le travail attendu, et deux d’entre eux sont renforcés par un adverbe : modernes devient très modernes, chaleureuse devient vraiment chaleureuse. C’est le geste le plus rentable de la tâche 1, parce qu’il coûte un mot et monte le niveau d’une phrase. Attention à une limite : on ne place pas d’adverbe d’intensité devant un adjectif déjà maximal. « Très magnifique » ne se dit pas, « vraiment magnifique » se dit.

Le paragraphe d’explication. Nouveau connecteur, « en ce qui concerne », puis une mise en relief : « ce que je préfère, c’est la gestion des projets internationaux ». La mise en relief focalise l’attention du lecteur sur un point, et elle signale une bonne maîtrise de la construction de la phrase.

Le registre, tenu jusqu’au bout. « Super bien accueilli », « hyper intéressantes » : ces adverbes familiers ne sont pas des relâchements, ils prouvent que vous distinguez le français amical du français formel. Dans une lettre à un supérieur ils coûteraient des points ; ici ils en rapportent.

La phrase optionnelle. La proposition de café n’était pas demandée. Elle ne rapporte donc pas de points pour elle-même, et elle n’en fait pas perdre puisqu’elle reste dans le sujet. Elle est là pour une autre raison : elle place une proposition au conditionnel suivie d’un subjonctif. Si vous savez le faire, faites-le ; si vous n’êtes pas sûr, ne le faites pas, et vous ne perdez rien.

Tâche 1, sujet 2 : votre installation dans une nouvelle ville (à faire)

Tâche 1, TCF tout public et TCF Canada. Consigne rédigée par French School TV. Thème : la vie quotidienne. 60 mots minimum, 120 mots maximum. Chronométrez-vous : 12 minutes.

Consigne

Vous venez de vous installer dans une nouvelle ville pour vos études. Vous écrivez un courriel à votre cousine, qui vit toujours dans votre ville d’origine, pour lui raconter votre installation. Vous lui décrivez votre quartier et vous lui expliquez ce qui vous plaît le plus dans votre nouvelle vie.

Écrivez votre production avant d’ouvrir le corrigé. Celui-ci ne commence pas par le modèle : il commence par une copie comme nous en recevons, pour que vous puissiez comparer avec la vôtre avant de lire une version réussie.

Voir le corrigé de la tâche 1, sujet 2 : une copie annotée, puis réécrite

La copie telle que nous la recevons, 39 mots. Elle a été rédigée par French School TV pour réunir les erreurs que nous corrigeons le plus souvent sur cette tâche. Ce n’est pas la copie d’un candidat réel.

Salut,

Je suis arrivé dans ma nouvelle ville. Mon quartier est beau. Il y a des magasins et un parc. Les gens sont sympa. J’aime beaucoup ma nouvelle vie ici parce que c’est tranquille. L’université est proche.

Au revoir.

Ce que l’évaluateur relève.

Le nombre de mots, d’abord. 39 mots pour un minimum de 60 : la consigne n’est pas respectée, et c’est le reproche le plus coûteux de la liste parce qu’il ne se rattrape pas. Une copie trop courte est pénalisée même quand le français est correct.

La tâche n’est réalisée qu’à moitié (compétences pragmatiques). La consigne demandait d’expliquer ce qui plaît le plus. La copie l’affirme, « j’aime beaucoup ma nouvelle vie ici parce que c’est tranquille », mais n’explique rien : pas un exemple, pas une conséquence concrète. Décrire, c’est la même chose : « mon quartier est beau » n’est pas une description, c’est un jugement. Trois détails valent mieux qu’un adjectif.

Aucun connecteur. Six phrases courtes posées l’une après l’autre, sans « tout d’abord », sans « en ce qui concerne », sans « parce que » ailleurs qu’une fois. Le texte se lit comme une liste, et la cohésion fait partie de ce qui est évalué.

Le destinataire a disparu (compétences sociolinguistiques). La consigne nomme une cousine. « Salut » tout seul ne montre pas que le message est adressé à quelqu’un de précis, et « Au revoir » est une formule orale : à l’écrit, on attend « Bisous », « À bientôt », « Je t’embrasse », suivis du prénom de l’auteur. La signature manque aussi.

Une erreur de langue, et une incertitude (compétences linguistiques). « Les gens sont sympa » demande l’accord au pluriel, « sympas ». Quant à « je suis arrivé », impossible de savoir s’il est juste : la copie n’est pas signée, donc rien n’y dit si l’auteur est un homme ou une femme. Si c’est une femme, il faut « arrivée ». Une signature aurait levé le doute, et c’est une raison de plus de ne pas l’oublier.

La même copie réécrite, 93 mots. Le plan et les idées de départ sont conservés, et les détails concrets qui manquaient ont été ajoutés, sans sortir de la consigne.

Salut Inès,

Ça fait une semaine que je suis installée et je voulais te raconter comment ça se passe.

Tout d’abord, mon quartier est vraiment agréable : les rues sont calmes, il y a un petit marché le samedi matin et la bibliothèque se trouve juste en face de chez moi.

Ce qui me plaît le plus, c’est de pouvoir aller à l’université à pied. Je gagne presque une heure chaque matin et j’en profite pour lire un peu avant les cours.

Et toi, quand est-ce que tu viens me voir ?

Je t’embrasse,

Camille

Ce qui a changé. Le prénom apparaît dans la formule et dans la signature. Les deux paragraphes suivent l’ordre de la consigne, décrire puis expliquer : le premier s’ouvre sur un connecteur, le second sur une mise en relief. « Beau » est remplacé par trois détails concrets ; « c’est tranquille » devient une conséquence vérifiable, une heure gagnée et ce qu’on en fait. La mise en relief « ce qui me plaît le plus, c’est » reprend les mots de la consigne, ce qui montre à l’évaluateur que la tâche est traitée. Le texte est passé de 39 à 93 mots sans un seul ajout hors sujet, en développant ce qui était là et en ajoutant les détails concrets que la consigne réclamait.

Tâche 2 : deux sujets corrigés, le texte de 120 à 150 mots

L’objectif de la tâche 2 est la rédaction d’un article, d’un courrier ou d’une note à l’attention de plusieurs destinataires, pour faire un compte-rendu d’expérience ou un récit. Ce récit doit être accompagné de commentaires, d’opinions ou d’arguments : l’un ou l’autre, pas obligatoirement les trois. C’est la tâche charnière du TCF, celle où le passage du B1 au B2 se joue sur trois ou quatre gestes précis : justifier un choix, présenter un avantage et l’expliquer, exprimer une opposition et faire une concession.

Une remarque de forme qui surprend beaucoup de candidats : si la consigne demande un article de blog, il n’y a pas de formule de politesse. Vous remplacez le « bonjour » par un titre, puis vous enchaînez sur l’introduction. Écrire « Bonjour à tous » en haut d’un article, c’est se tromper de type de texte, et cela se paie en compétences sociolinguistiques.

Tâche 2, sujet 1 : refuser des vacances et en proposer d’autres (expliqué en vidéo)

Tâche 2, TCF tout public et TCF Canada. Consigne rédigée par French School TV pour le cours en direct intégré ci-dessus. Thème : les loisirs et le temps libre. 120 mots minimum, 150 mots maximum.

Consigne

Un groupe d’amis vous a envoyé un message pour organiser les prochaines vacances d’été dans un grand hôtel tout inclus, très touristique. Vous leur répondez pour refuser poliment. Vous proposez à la place un voyage plus écoresponsable (camping, itinérance à vélo, etc.), en justifiant votre choix par des arguments économiques, écologiques ou humains.

Les quatre questions, avant d’écrire. Un message, à un groupe d’amis, donc une situation amicale et un pluriel qu’il faut tenir du début à la fin : « bonjour mon cher » ne respecte pas la consigne, parce que le destinataire est collectif. L’objectif est double, refuser puis proposer, et la justification n’est pas optionnelle : c’est elle qui fait de ce texte une tâche 2 et non une tâche 1. Trois familles d’arguments sont proposées, et vous n’en gardez que deux : en 150 mots, trois arguments survolés valent moins que deux arguments complets.

Voir le corrigé de la tâche 2, sujet 1

La production complète, 146 mots.

Salut à tous,

Merci pour votre proposition de séjour à l’hôtel tout inclus. L’idée de nous retrouver cet été me réjouit. Cependant, je vous écris pour vous proposer une autre formule, car ce type de complexe ne me tente pas.

D’une part, sur le plan financier, ce projet est particulièrement coûteux. En choisissant plutôt de louer un grand gîte à la campagne ou de faire une itinérance à vélo, nous ferons d’importantes économies sur le logement et la nourriture.

D’autre part, cette alternative est bien plus écologique. En effet, ces grands hôtels consomment énormément d’énergie et de ressources. Voyager de manière locale nous permettra de réduire notre empreinte carbone tout en soutenant les petits commerçants de la région.

C’est pourquoi je vous suggère de modifier nos plans afin de vivre une aventure plus authentique, économique et respectueuse de la nature. Qu’en pensez-vous ?

À très vite,

Maxime

Où sont les points.

L’introduction refuse sans heurter, et fait une concession. On remercie, on dit son plaisir, puis « cependant » renverse la phrase. La concession est le geste qui fait passer une copie au B2, et le français en offre plusieurs formes interchangeables : « bien que l’idée me réjouisse, je vous écris… », « même si l’idée me réjouit… », « certes, l’idée me réjouit ; cependant… ». Une seule suffit, mais il faut en avoir une disponible sans réfléchir.

Chaque argument est complet. C’est le critère qui distingue les copies de cette tâche. Un argument complet, c’est une idée, une explication, puis une conséquence pour le lecteur. Le projet est coûteux ; en choisissant un gîte ou le vélo ; donc nous ferons des économies sur le logement et la nourriture. L’argument écologique suit exactement le même mouvement en trois temps. Une copie qui énonce « c’est trop cher et c’est polluant » a les mêmes idées et la moitié des points.

Le gérondif, deux fois, pour deux usages différents. « En choisissant plutôt de louer un gîte » exprime une condition : c’est « si nous choisissons », dit avec une construction plus élaborée. « Tout en soutenant les petits commerçants » exprime la simultanéité, deux actions au même moment. Savoir faire les deux, c’est montrer une vraie variété de constructions, et « tout en » vaut mieux que « en » seul quand la place le permet.

Les connecteurs portent le texte. « D’une part » et « d’autre part » ouvrent les deux paragraphes, « en effet » introduit l’explication, « c’est pourquoi » ouvre la conclusion. Le lecteur n’a jamais à deviner où il se trouve, et la fluidité est notée.

La question finale relance. « Qu’en pensez-vous ? » n’est pas obligatoire. Elle remet le lecteur au centre et capte son attention, et à cette place elle prolonge le registre amical. Une mise en garde, en revanche : la production fait 146 mots pour un maximum de 150. Plus vous écrivez, plus vous risquez l’erreur et le dépassement de temps. Viser 130 mots est plus confortable que viser 149.

Tâche 2, sujet 2 : un article de blog sur six mois de cours du soir (à faire)

Tâche 2, TCF tout public et TCF Canada. Consigne rédigée par French School TV. Thème : les études et l’apprentissage. 120 mots minimum, 150 mots maximum. Chronométrez-vous : 20 minutes.

Consigne

Vous tenez un blog sur l’apprentissage des langues. Vous publiez un article dans lequel vous racontez les six mois de cours du soir que vous venez de terminer, et vous donnez votre avis sur cette formule en la comparant au travail que l’on fait seul, à son rythme.

Attention au type de texte : c’est un article, donc un titre et pas de formule de politesse. Et lisez la fin de la consigne deux fois, parce que c’est là qu’est la tâche complète : raconter l’expérience ne suffit pas, il faut aussi la comparer.

Voir le corrigé de la tâche 2, sujet 2 : une copie annotée, puis réécrite

La copie telle que nous la recevons, 88 mots. Elle a été rédigée par French School TV pour réunir les erreurs les plus fréquentes sur cette tâche. Ce n’est pas la copie d’un candidat réel.

Bonjour,

Je veux vous parler de mon experience avec les cours du soir. J’ai fait 6 mois de cours du soir. C’était très bien et très interessant. Le professeur était très gentil et les autres etudiants aussi. J’ai appris beaucoup de choses.

Mais c’était aussi difficile parce que je suis fatigué après le travail. Quelquefois je n’ai pas compris la leçon.

Je pense que les cours du soir sont une bonne chose pour tout le monde. Il faut juste être motivé. Merci de lire mon article.

Cordialement,

Sofia

Ce que l’évaluateur relève.

Ce n’est pas un article (compétences sociolinguistiques). « Bonjour », « Cordialement » et une signature : la copie a écrit une lettre là où on demandait un article de blog. Il manque un titre, et les deux formules doivent disparaître. À elle seule, cette erreur coûte plus que toutes les fautes d’accent de la copie, parce qu’elle touche le type de texte.

La moitié de la tâche est absente (compétences pragmatiques). La consigne demandait de comparer les cours du soir au travail que l’on fait seul. Le mot n’apparaît nulle part. Une copie qui ne traite qu’une partie de la consigne est plafonnée, quel que soit son niveau de langue.

88 mots pour un minimum de 120. Le compte n’est pas atteint, et il aurait suffi de traiter la comparaison manquante pour y arriver. Les deux problèmes se règlent d’un seul coup.

Rien n’est développé. « C’était très bien et très intéressant » ne dit rien à l’évaluateur, « j’ai appris beaucoup de choses » non plus. « Beaucoup de choses » et « des trucs » demandent toujours une suite : « comme par exemple… », « notamment… ». Sans cette suite, la phrase ne compte pas comme un argument. Et « très » trois fois en cinq lignes signale un vocabulaire qui ne se renouvelle pas.

Aucun connecteur d’articulation, et aucune concession. Un seul « mais ». L’opinion finale, « une bonne chose pour tout le monde », est posée sans nuance : c’est ce qui fait qu’une copie reste au B1 alors que ses idées sont bonnes. Il manque un « bien que », un « en revanche », un « d’une part, d’autre part ».

Les erreurs de langue (compétences linguistiques). Trois accents manquants : « expérience », « intéressant », « étudiants ». L’orthographe est notée. « Je suis fatigué » doit s’accorder avec Sofia, « fatiguée ». « Quelquefois je n’ai pas compris » raconte une habitude et demande donc l’imparfait, ou une tournure comme « il m’arrivait de ne pas comprendre ». Et « 6 mois » s’écrit en lettres dans un texte suivi.

La même copie réécrite, 143 mots. Ce que la copie de départ disait est gardé : la fatigue après une journée de travail, et les leçons dont il ne restait rien. Le reste est ce que la consigne demandait et que la copie n’avait pas donné, un exemple concret et la comparaison avec le travail que l’on fait seul. L’opinion finale, elle, n’est pas reprise mais corrigée : « une bonne chose pour tout le monde » était justement le défaut relevé plus haut.

Six mois de cours du soir : mon bilan

Je viens de terminer six mois de cours du soir et je voulais partager cette expérience, car on me demande souvent si cela valait la peine.

D’une part, le rythme m’a beaucoup aidée. Savoir qu’un professeur m’attendait chaque mardi m’a obligée à travailler régulièrement, ce que je n’arrivais pas à faire seule : mes résolutions du dimanche soir ne tenaient jamais jusqu’au jeudi. En trois mois, j’ai perdu la peur de parler.

D’autre part, la fatigue a été réelle. Après une journée de travail, la concentration n’est plus la même, et il m’est arrivé de rentrer sans avoir rien retenu.

Bien que cette formule ne convienne pas à tout le monde, je la recommande à ceux qui ont besoin d’un cadre. En revanche, si vous vous organisez bien seul, les cours en ligne resteront plus souples.

Ce qui a changé. Le titre remplace la formule de politesse, et la signature disparaît : c’est un article. La comparaison demandée par la consigne occupe le dernier paragraphe, ce qui complète la tâche et fait monter le texte à 143 mots sans remplissage. « Très bien et très intéressant » est remplacé par un fait précis, les résolutions du dimanche qui ne tiennent pas, puis par un résultat, la peur de parler qui disparaît : ces deux détails sont ajoutés, parce qu’une appréciation sans exemple ne compte pas. La concession « bien que cette formule ne convienne pas à tout le monde » corrige l’opinion sans nuance de la copie, et « en revanche » installe la réserve qui manquait. Le subjonctif après « bien que » est en prime un point de grammaire que l’évaluateur voit immédiatement.

Tâche 3 : deux sujets corrigés, les deux points de vue en 120 à 180 mots

L’objectif de la tâche 3 est la rédaction d’un texte destiné à un journal, à un site internet, à un collègue ou à un supérieur hiérarchique, qui compare deux points de vue sur un fait de société exprimés dans deux documents, puis donne votre opinion sur le thème traité. C’est la tâche la plus difficile de l’épreuve, et elle demande des compétences de niveau B2+ ou C1.

Sa difficulté ne vient pas seulement du niveau de langue. Elle vient d’une double contrainte, de structure et de longueur, qui est le vrai sujet de cette tâche :

  • Première partie, 40 à 60 mots : la synthèse des deux documents. Vous croisez les informations, vous dégagez la problématique commune et vous résumez les deux visions. Sans donner votre avis, et sans recopier les textes. Trois phrases, parfois deux.
  • Deuxième partie, 80 à 120 mots : votre opinion argumentée sur le thème général, avec des arguments structurés et des exemples. Deux paragraphes courts, puis une conclusion.

Les mots clés des documents se réutilisent, les phrases ne se recopient pas. C’est cette nuance qui décide de la première partie : l’évaluateur veut voir que vous avez identifié les informations importantes et que vous savez les présenter à votre manière.

Tâche 3, sujet 1 : l’évolution des modes de travail (expliqué en vidéo)

Tâche 3, TCF tout public et TCF Canada. Consigne et documents rédigés par French School TV pour le cours en direct intégré ci-dessus. Thème : le travail et la société. 120 mots minimum, 180 mots maximum.

Consigne

Sur un site internet dédié au management, vous avez lu deux opinions concernant l’évolution des modes de travail. Vous écrivez un court article pour le journal de votre association francophone. Votre article comprend deux parties. Dans la première partie, vous présentez les deux opinions avec vos propres mots. Dans la deuxième partie, vous donnez votre position sur le thème général commun à ces deux opinions.

Document 1

Depuis quelques années, le concept de nomade digital séduit de plus en plus de professionnels, notamment dans le secteur de la tech et du marketing. Ce mode de vie consiste à travailler à distance tout en voyageant à travers le monde. Les adeptes de cette pratique rapportent que le fait de changer régulièrement d’environnement stimule leur créativité et réduit le stress lié à la routine des bureaux traditionnels. Pour les pays, l’arrivée de ces travailleurs à fort pouvoir d’achat représente une opportunité économique non négligeable, incitant certaines villes à créer des visas spécifiques.

Document 2

Face à la hausse des cas d’épuisement professionnel, de nombreuses entreprises tentent l’expérience de la semaine de 4 jours sans réduction de salaire. Les objectifs affichés par les directions sont clairs : améliorer la santé mentale des salariés et augmenter l’attractivité de l’entreprise lors des recrutements. Les premiers bilans indiquent que ce jour de repos supplémentaire est principalement dédié aux soins médicaux, au sport et aux démarches administratives. De plus, les employés reviennent au bureau avec une concentration accrue, ce qui maintient, voire augmente, le niveau de productivité globale.

Le travail préparatoire est ici plus important que dans les deux autres tâches, et il se fait sur les documents. Dans chaque texte, repérez trois ou quatre informations, pas plus : au-delà, la synthèse ne tient pas en 60 mots. Document 1 : le nomadisme digital, travailler à distance en voyageant, pour la créativité et contre le stress. Document 2 : la semaine de 4 jours, contre l’épuisement professionnel, pour la santé mentale et l’attractivité, sans perte de productivité. Le thème commun n’est ni l’un ni l’autre : c’est la transformation des modes de travail face au stress.

Voir le corrigé de la tâche 3, sujet 1

La production complète, 175 mots, dont 54 pour la synthèse.

Quelles améliorations pour le bien-être des salariés ?

Face à l’augmentation du stress et de l’épuisement professionnel, deux solutions voient le jour. D’un côté, le nomadisme digital permettant aux employés de travailler en voyageant et, de l’autre, la semaine de 4 jours ayant des résultats bénéfiques tels que l’amélioration de la productivité et un plus grand attrait pour les entreprises le proposant.

Pour ma part, il ne fait aucun doute que la semaine de 4 jours est une mesure à appliquer dans toutes les entreprises pouvant se le permettre. En effet, la motivation des salariés sera renforcée, en plus de leur attachement à leur employeur. Qui ne rêverait pas de travailler moins de jours mais en conservant son salaire actuel ?

En revanche, le nomadisme digital est une option moins intéressante à mes yeux. Autrement dit, tous les employés ne sont pas concernés par cette possibilité. Cela pourrait créer des tensions au sein de l’entreprise entre ceux qui peuvent voyager et les autres, obligés de rester.

En conclusion, cela dépend fortement de l’entreprise et de ses employés.

Où sont les points.

La structure se voit à l’œil nu. Titre, synthèse, argument, argument, conclusion. Un évaluateur qui corrige des dizaines de copies doit pouvoir situer les deux parties demandées sans les chercher : la lisibilité de la structure est le premier point de cette tâche, et elle ne coûte qu’un saut de ligne.

La synthèse respecte la longueur et l’objectivité. 54 mots, dans la fourchette de 40 à 60. Aucune information n’est modifiée, aucune n’est interprétée, et l’opinion n’apparaît nulle part. Les mots clés des documents sont conservés, « épuisement professionnel », « nomadisme digital », « semaine de 4 jours », mais les phrases sont reconstruites. C’est exactement ce qu’on attend : garder le vocabulaire, refaire les phrases.

Le participe présent et le gérondif compressent le texte. « Permettant », « ayant », « pouvant », « le proposant » : chacun remplace une relative. « Ayant des résultats bénéfiques » dit « qui ont des résultats bénéfiques » en un mot de moins, et dans une tâche limitée à 180 mots, chaque relative évitée libère de la place pour une idée. « En voyageant » est un gérondif de manière.

Une expression idiomatique, bien placée. « Deux solutions voient le jour » signifie deux solutions apparaissent. Une expression idiomatique correctement employée signale un niveau C1. Mal employée, elle produit l’effet inverse : n’en utilisez que si vous en êtes sûr.

Les arguments sont complets et la position est nette. « Il ne fait aucun doute que » est une formule d’opinion forte, suivie de l’explication, puis de la question rhétorique « qui ne rêverait pas de travailler moins de jours… ? ». Une question rhétorique est une question dont tout le monde connaît la réponse : elle renforce l’argument, elle capte l’attention de l’évaluateur et elle prouve que vous savez argumenter autrement qu’en alignant des affirmations. Le second paragraphe s’ouvre sur « en revanche » et nuance, ce qui évite la copie à sens unique.

La conclusion est courte, et c’est volontaire. Une ligne suffit quand il ne reste que quelques mots disponibles. Mieux vaut une conclusion brève qu’un dernier paragraphe qui fait dépasser le maximum.

Tâche 3, sujet 2 : la place de la voiture en ville (à faire)

Tâche 3, TCF tout public et TCF Canada. Consigne et documents rédigés par French School TV. Thème : la ville et les transports. 120 mots minimum, 180 mots maximum. Chronométrez-vous : 30 minutes, lecture des documents comprise.

Consigne

Sur le site d’une association de quartier, vous avez lu deux opinions concernant la place de la voiture en ville. Vous écrivez un court article pour le journal de votre association francophone. Votre article comprend deux parties. Dans la première partie, vous présentez les deux opinions avec vos propres mots. Dans la deuxième partie, vous donnez votre position sur le thème général commun à ces deux opinions.

Document 1

De plus en plus de municipalités réservent leur centre aux piétons et aux vélos. Les commerçants redoutaient une baisse de leur activité ; les premiers bilans montrent plutôt l’inverse, car les promeneurs s’arrêtent plus volontiers que les automobilistes pressés. Les habitants, eux, signalent surtout le retour du silence et la possibilité de laisser les enfants jouer dehors. Reste que les livraisons et les personnes à mobilité réduite demandent des aménagements que toutes les villes n’ont pas encore prévus.

Document 2

Certaines agglomérations ont rendu leurs transports en commun gratuits pour tous. La fréquentation augmente rapidement, en particulier chez les jeunes et les personnes âgées, et le stationnement se libère dans le centre. Les critiques portent ailleurs : sans recettes de billetterie, l’entretien du réseau dépend entièrement du budget municipal, et les habitants des communes éloignées, mal desservies, continuent de prendre leur voiture. Pour eux, la gratuité ne change rien tant que la ligne s’arrête à dix kilomètres de chez eux.

Cherchez le thème commun avant d’écrire une seule phrase. Ce n’est ni la piétonnisation ni la gratuité : c’est la façon de réduire la voiture en ville, et les deux documents en donnent deux leviers différents, chacun avec sa limite. Une synthèse qui traite les deux textes séparément, sans les croiser, perd déjà des points.

Voir le corrigé de la tâche 3, sujet 2 : une copie annotée, puis réécrite

La copie telle que nous la recevons, 144 mots, dont 87 pour la synthèse. Elle a été rédigée par French School TV pour réunir les erreurs les plus fréquentes sur cette tâche. Ce n’est pas la copie d’un candidat réel.

Bonjour,

Dans le premier document, de plus en plus de municipalités réservent leur centre aux piétons et aux vélos. Les commerçants redoutaient une baisse de leur activité mais c’est l’inverse. Je pense que c’est une très bonne idée pour les habitants et les enfants. Dans le deuxième document, certaines agglomérations ont rendu leurs transports en commun gratuits pour tous et la fréquentation augmente rapidement, surtout chez les jeunes et les personnes âgées. Mais les habitants des communes éloignées continuent de prendre leur voiture, ce qui est vraiment dommage.

À mon avis, il faut supprimer les voitures dans les villes. La pollution est un grand problème aujourd’hui. Les villes sans voitures sont plus agréables et plus silencieuses. Tout le monde est d’accord avec cela. Je pense aussi que les transports gratuits sont une bonne solution pour les pauvres.

Voilà mon opinion sur ce sujet important.

Ce que l’évaluateur relève. Les deux premiers points sont les défauts propres à cette tâche, et ils suffisent à plafonner une copie dont le français est correct.

L’opinion contamine la synthèse (compétences pragmatiques). « Je pense que c’est une très bonne idée » et « ce qui est vraiment dommage » se trouvent dans la première partie, dont la règle est l’objectivité. La consigne demande de présenter les deux opinions, puis de donner la vôtre, dans cet ordre et séparément. Une copie qui mélange les deux n’a pas réalisé la tâche, même si les deux contenus sont là.

Les documents sont recopiés. « De plus en plus de municipalités réservent leur centre aux piétons et aux vélos » et « certaines agglomérations ont rendu leurs transports en commun gratuits pour tous » sont les phrases des documents, prises telles quelles. Reprendre les mots clés est attendu ; reprendre les phrases ne démontre rien, et c’est précisément ce que cette tâche cherche à évaluer. La synthèse fait donc 87 mots là où on en demande 40 à 60, parce que recopier est toujours plus long que reformuler.

Il n’y a pas de problématique commune. « Dans le premier document… dans le deuxième document… » traite les textes l’un après l’autre sans jamais les croiser. Il manque la phrase qui les tient ensemble, celle qui nomme le sujet partagé. La limite du premier document, les livraisons, n’apparaît pas du tout. Celle du second est bien là, mais assortie d’un jugement, « ce qui est vraiment dommage », qui n’a rien à faire dans une synthèse.

L’argumentation est une suite d’affirmations. « La pollution est un grand problème », « les villes sans voitures sont plus agréables » : aucune n’est expliquée, et aucune n’est illustrée. « Tout le monde est d’accord avec cela » est l’inverse d’un argument, parce qu’un désaccord existe et que les documents le disent. La position est aussi trop radicale pour le thème proposé, et elle ignore les réserves des deux textes.

Le type de texte et le registre (compétences sociolinguistiques). C’est un article de journal associatif : il demande un titre, pas un « bonjour ». « Les pauvres » est maladroit dans un texte destiné à la publication ; on écrira « les foyers les plus modestes ». Et « voilà mon opinion sur ce sujet important » est une formule creuse qui occupe des mots sans rien apporter.

La même copie réécrite, 176 mots, dont 57 pour la synthèse. Les idées retenues sont celles de la copie de départ : la piétonnisation plaît aux habitants, la gratuité ne résout pas le cas des communes éloignées.

Réduire la voiture en ville : par où commencer ?

Deux textes s’interrogent sur les moyens de réduire la place de la voiture en ville. Le premier décrit des centres rendus aux piétons, favorables au commerce et au calme, mais qui demandent des aménagements pour les livraisons. Le second présente la gratuité des transports, qui attire de nouveaux voyageurs sans répondre au cas des communes mal desservies.

Pour ma part, il ne fait aucun doute que la priorité doit aller à la qualité du réseau plutôt qu’à son prix. En effet, un habitant de banlieue qui attend un bus toutes les heures ne prendra pas un bus gratuit : il prendra sa voiture. Augmenter la fréquence profiterait donc d’abord à celles et ceux qui n’ont aujourd’hui aucune solution de remplacement.

En revanche, je suis plus réservé sur les piétonnisations rapides. Autrement dit, fermer une rue sans organiser les livraisons ni l’accès des personnes à mobilité réduite revient à déplacer le problème un peu plus loin.

En conclusion, la ville sans voiture se construira surtout par la qualité du réseau.

Ce qui a changé. La synthèse est passée de 87 mots recopiés à 57 mots reformulés, et elle ne contient plus une seule marque d’opinion. Elle ouvre sur la problématique commune, « les moyens de réduire la place de la voiture en ville », puis donne chaque vision avec sa limite, ce qui croise les documents au lieu de les aligner. L’opinion, elle, est descendue là où elle doit être : deux arguments, chacun avec une explication et un exemple concret, le bus toutes les heures qui ne sera pas pris même gratuit. « En revanche » remplace la position radicale par une réserve argumentée, et la conclusion tient en une ligne.

Les expressions à réutiliser, tirées des trois cours

Ce sont les formules que Vincent emploie et commente dans les trois cours en direct. Elles ne sont pas à apprendre par cœur en bloc : choisissez-en une par fonction, celle que vous savez écrire sans hésiter, et gardez-la disponible pour le jour de l’examen. Une expression bien placée rapporte ; une expression mal employée produit l’effet inverse.

Ouvrir et enchaîner. Tout d’abord. En ce qui concerne, concernant, à propos de. D’une part, d’autre part. En effet. C’est pourquoi. D’un côté, de l’autre.

Mettre en relief. Ce que je préfère, c’est… Le même moule accueille n’importe quel verbe de goût ou de choix.

Justifier un choix. Ce choix s’explique par… J’ai pris cette décision afin de… C’est pour cela que…

Concéder, puis reprendre la main. Bien que cela semble une bonne idée… Même si l’idée me plaît… Certes…, cependant… Préférez « bien que » : « quoique » dit la même chose en plus lourd.

S’opposer et nuancer. En revanche. À mes yeux. Je m’oppose à cette décision car… Un des inconvénients réside dans le fait que…

Donner une opinion ferme. Pour ma part… Il ne fait aucun doute que… Je crois fermement que… Je suis d’avis que…

Préciser et illustrer. Autrement dit. C’est-à-dire. Tel que. Notamment. Comme par exemple. À réserver pour la suite de « beaucoup de choses » ou « un truc », qui ne comptent pas sans leur exemple.

Proposer et conseiller. Pourquoi ne pas… ? Il serait préférable de… Ça te dirait qu’on… ? Tu devrais essayer de…

Résumer deux documents, sans donner son avis. Deux textes nous présentent cette problématique. D’un côté, on pense que… ; de l’autre, certains affirment que…

Compresser une phrase. Le gérondif pour la condition : en choisissant plutôt de… Le gérondif pour la simultanéité : tout en soutenant… Le participe présent pour remplacer une relative : ayant des résultats bénéfiques, plutôt que « qui ont des résultats bénéfiques ».

Rester amical, quand la situation l’est. Salut. Coucou. À plus, à très vite, à bientôt, je t’embrasse. Super, hyper, méga devant un adjectif. Et les tournures que les francophones ajoutent entre amis : on se boit un café, on se fait un ciné. À laisser de côté dès que le destinataire est un supérieur hiérarchique.

Une expression idiomatique, si vous en êtes sûr. Voir le jour, qui veut dire apparaître : « deux solutions voient le jour ». Bien employée, elle signale un niveau C1. Mal employée, elle coûte des points.

Téléchargez les six sujets et les corrigés en PDF

Les six consignes, les documents de la tâche 3, les productions modèles et les trois copies annotées sont réunis dans un fichier unique, à imprimer ou à lire hors ligne. Le téléchargement est gratuit et ne demande aucune inscription.

→ Télécharger le PDF : expression écrite TCF, six sujets corrigés

Le PDF suit la même numérotation que cette page, pour que vous puissiez passer de l’une à l’autre. Une différence utile : les corrigés y sont regroupés à la fin, après les six sujets, afin que vous puissiez travailler sur papier sans avoir les productions modèles sous les yeux. Sur cette page, chaque corrigé reste replié sous son sujet.

Comment corriger votre copie pour vraiment progresser ?

Ce que vous faites de votre copie après l’avoir écrite décide de votre progression. La comparaison avec une production modèle a une limite qu’il faut connaître : elle vous montre un texte réussi, elle ne vous montre pas vos erreurs. C’est pour cette raison que ce dossier contient trois copies annotées et pas seulement des modèles.

Relisez votre production dans cet ordre, qui est celui de l’évaluation :

  1. La consigne, ligne par ligne. Surlignez chaque chose demandée, puis retrouvez-la dans votre texte. Une demande sans réponse est la perte de points la plus lourde de l’épreuve, et la plus fréquente : les trois copies annotées de ce dossier en contiennent chacune une.
  2. Le nombre de mots. Comptez-les vraiment, articles compris. En dessous du minimum, la copie est pénalisée quel que soit le reste.
  3. Le type de texte et le registre. Article ou lettre ? Titre ou formule de politesse ? Une seule personne ou un groupe ? Le tutoiement tient-il jusqu’à la signature ?
  4. La structure, à l’œil. Reculez-vous de votre feuille. Voyez-vous les parties sans lire ? Pour la tâche 3, voyez-vous où s’arrête la synthèse et où commence votre opinion ?
  5. Les enchaînements. Comptez vos connecteurs. Si votre texte n’en contient qu’un ou deux, il se lit comme une liste, et la cohésion est notée.
  6. La langue, en dernier. Les accords, les accents, les temps du passé. En dernier, parce que corriger l’orthographe d’une copie hors sujet ne rapporte rien.

Passé ce point, vous atteignez la limite de l’auto-correction. Vos erreurs récurrentes sont invisibles pour vous, puisque ce sont précisément celles que vous ne voyez pas ; il faut un regard extérieur pour les nommer, et il faut qu’elles soient nommées plusieurs fois pour disparaître. C’est le principe des copies annotées de cette page, et c’est le travail que fait un professeur sur vos productions.

Préparez votre TCF avec French School TV

Notre cours de préparation au TCF reprend la méthode de ce dossier sur l’ensemble de l’épreuve, et il ajoute ce qu’une page ne peut pas donner : vos propres productions écrites sont relues et corrigées par un professeur, avec des recommandations individuelles, et vous avez rendez-vous avec un tuteur une fois par mois pour vos questions. Le cours se suit en autonomie, à votre rythme.

Foire aux questions

Le TCF Canada et le TCF tout public ont-ils la même expression écrite ?

Oui. Pour l’expression écrite comme pour l’expression orale, les deux versions proposent exactement les mêmes tâches : trois tâches, 60 minutes, les mêmes fourchettes de mots. Ce qui diffère entre les deux versions se situe du côté des épreuves de compréhension, qui comportent un nombre de questions différent. Les autres versions du TCF, comme le TCF Québec ou le TCF intégration, résidence et nationalité, ont leurs propres épreuves.

Combien de mots faut-il écrire pour chaque tâche ?

De 60 à 120 mots pour la tâche 1, de 120 à 150 mots pour la tâche 2, de 120 à 180 mots pour la tâche 3, dont 40 à 60 mots pour la synthèse et 80 à 120 mots pour votre opinion. Ces bornes font partie de la consigne : écrire moins que le minimum ou plus que le maximum est pénalisé. Sur ordinateur, les mots sont comptés pour vous et vous ne pouvez pas dépasser ; sur papier, vous comptez vous-même, articles compris.

Faut-il citer des statistiques précises au TCF ?

Non. Le jour de l’examen, vous n’avez ni Internet ni notes, et personne ne vous demande de réciter des statistiques. Aucune des productions modèles de ce dossier n’en contient une. Argumentez à partir d’un exemple concret, de votre expérience et de connaissances générales (« on sait que… », « de nombreuses entreprises… »), et servez-vous d’une question rhétorique pour renforcer votre position. Un chiffre précis que l’évaluateur sait que vous n’avez pas pu vérifier ne rapporte rien.

Comment gérer les 60 minutes de l’épreuve ?

Comptez environ 10 à 12 minutes pour la tâche 1, 18 à 20 minutes pour la tâche 2 et 30 minutes pour la tâche 3 : le total dépasse à peine l’heure disponible, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de marge. La seule façon d’y arriver est de vous entraîner d’abord sans chronomètre, jusqu’à ce que vos productions soient correctes, puis d’ajouter le chronomètre. Gérer le temps est la dernière compétence à travailler, pas la première.

Que se passe-t-il si ma copie est hors sujet ou trop courte ?

Elle est pénalisée, et c’est l’erreur la plus coûteuse de l’épreuve, parce qu’un bon niveau de français ne la compense pas. Une copie qui ne traite qu’une partie de la consigne est plafonnée de la même façon. Avant d’écrire, répondez aux quatre questions de la méthode : j’écris quoi, à qui, pourquoi, comment. Après avoir écrit, relisez la consigne ligne par ligne et retrouvez chaque demande dans votre texte.

Existe-t-il un barème officiel détaillé pour l’expression écrite du TCF ?

Le détail n’est pas publié. On sait que l’évaluation porte sur trois familles de compétences, les compétences pragmatiques, linguistiques et sociolinguistiques. Combien de points valent la grammaire ou les formules de politesse n’est pas rendu public. Les répartitions chiffrées que l’on trouve en ligne sont donc des reconstitutions, et ce dossier n’en propose aucune.

Les copies annotées de ce dossier sont-elles de vraies copies de candidats ?

Non, et c’est écrit sous chacune. Les trois copies ont été rédigées par French School TV pour réunir, dans un même texte, les erreurs que nous corrigeons le plus souvent sur chaque tâche. Publier la copie d’un candidat réel demanderait son accord, et une copie réelle ne contient jamais tous les défauts utiles à la fois. Les erreurs, elles, sont authentiques : elles viennent des productions que nous relisons dans nos cours de préparation.

Pour aller plus loin

Les trois cours en direct intégrés à cette page sont disponibles en entier, avec les questions posées par les candidats pendant la séance : la tâche 1, la tâche 2 et la tâche 3.

Si vous préparez aussi un examen du DELF, la méthode des quatre questions y est la même. Nos deux autres dossiers d’entraînement portent sur le DELF B2 : sept exercices de compréhension écrite corrigés et dix-neuf sujets de production orale corrigés.

Sources et crédits

  • Les six consignes, les quatre documents de la tâche 3 et les neuf productions écrites de cette page ont été rédigés par French School TV. Aucun texte n’est repris d’un sujet d’examen officiel, et les trois copies annotées ne sont pas les copies de candidats réels : elles réunissent les erreurs les plus fréquentes relevées dans nos cours de préparation.
  • Les trois cours en direct dont ce dossier est issu : TCF Canada, Expression écrite, Tâche 1, Tâche 2 et Tâche 3, French School TV, avec Vincent Bouen. Les trois sont liés dans « Pour aller plus loin ».
  • La description de l’épreuve (durée, nombre de tâches, nombre de mots attendus, familles de critères) est celle que French School TV enseigne dans les trois cours en direct ci-dessus. L’examen est conçu et délivré par France Éducation international, dont le site publie la présentation officielle des épreuves : france-education-international.fr.
  • Photo de Unseen Studio sur Unsplash

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